Marseillaise d’origine, Marlène arrive au Québec en 1996 afin d’y prendre racine. Mère de deux beaux enfants, aujourd’hui âgés de 18 et 21 ans, cette aidante naturelle croit aux liens sacrés de la famille et surtout à la solidarité humaine. Mais ce don de soi va également lui demander de faire des sacrifices importants et, en 2012, après le décès de son grand-père, elle se voit contrainte de laisser son emploi afin de se consacrer pleinement au rôle d’aidante naturelle.

Seule, mamie, alors âgé de 82 ans, voit ses besoins croissants accaparés une part de plus en plus importante de la vie de Marlène. Marlène a découvert la Fondation Maison Gilles-Carle alors que le soutien psychosocial, mais aussi physique des aidants naturels est très souvent limité. Aujourd’hui, Marlène ne se contente pas d’être une aidante naturelle. Elle a, elle aussi, embrassé la cause et est devenue donneuse naturelle. Empathique, elle veut donner du répit aux proches aidants en créant, dans sa région d’adoption, la maison Massilia qui joindra le réseau des Maison Gilles-Carle. Ce projet, elle le caresse, avec tant de générosité que son énergie et sa passion ne peuvent qu’être contagieuses.

Marlène

Certains aidants ont les ressources, les outils, les moyens financiers, l’appui de proches pour se relever mais d’autres non et ceci est mon cas. Chaque cas est donc unique.

Mais pour ces aidants qui ne parviennent pas à se relever, nous sommes invisibles et des oubliés du système, nous tombons dans un «No man’s land» de services, nos sacrifices ne sont pas et plus reconnus alors on s’enfonce dans notre souffrance, dans les problèmes financiers, nous n’avons plus la santé pour retrouver notre autonomie, nous sommes incompris, jugés, abandonnés, nous nous enfonçons toujours un peu plus dans l’isolement social et familial. Ce qui m’a conduit à devoir aller vivre dans la rue pour quelques mois l’an passé. Vivre l’itinérance est une épreuve supplémentaire très éprouvante et déstabilisante, je vous assure. Ceci devrait pourtant être évitable.   

 

Mes «Hazards Lights» sont allumés depuis plus de 4 ans maintenant.

Mais j’aurais plus de chance de retenir l’attention des gens si je serais une simple voiture en panne sur le bas-côté d’une route ou un immeuble s’effritant sous l’érosion de l’épreuve de la vie et du temps.

 

Je ne suis qu’un être humain noyé par la nuit et les ténèbres.

Je ne suis qu’une femme

Qui appelle « À l’aide» depuis plus de 4 ans

Stéphanie

Une femme avec un minuscule chien dans ses bras. Elle le tient comme on tient un enfant, les deux se protègent et se réconfortent mutuellement. Nous nous assoyons à une table dans la pièce commune de la résidence. Elle nous dit: «je vous vais vous expliquer quelque chose.» Cela fait 5 jours que son mari n’est plus à la maison, après 5 ans de vie commune à prendre soin de lui. Son histoire est une histoire d’amour. Une histoire d’amour qu’elle qualifie de chance. Édith Larocque et son mari ont été éprouvés par la vie, mais ce qui dépasse les évènements du quotidien. «Pourquoi vouliez-vous nous raconter tout cela?» «Parce que je veux que les gens savent combien c’est difficile.» Un moment de pudeur, un moment de larmes où elle caresse ce petit chien.

Édith